26 heures avant Alouette

L’histoire de la naissance d’Alouette, billet fleuve [et encore j’ai résumé ;)]

On est mardi 13 décembre et Mouette se prépare pour l’école. La sensation étrange de la veille ne m’a pas quitté.

8h. Entre le brossage des dents, le chronométrage de contractions qui semblent s’installer et l’habillage j’entends un « plop » . Ma poche des eaux est rompue, pas le choix j’ai 2 heures pour être à la maternité. J’annonce la nouvelle et c’est le branle bas de combat ! Je termine de m’occuper de Mouette et lui explique qu’après l’avoir déposé à l’école il sera temps d’aller à la maternité. Mon fils, ce petit bonhomme de 5 ans, est super ému. Il me demande s’il a le droit de pleurer. Rien que d’y repenser j’ai encore le coeur qui chavire.

Je suis fébrile, excitée mais surtout pressée d’arriver à la maternité car j’ai l’impression qu’Alouette bouge moins avec moins d’eau autour d’elle.

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9h30. On arrive à la maternité qui est saturée. Apparemment je ne suis pas la seule à vouloir accoucher aujourd’hui. On m’ausculte je suis à 2 et un col encore long. Alouette bouge bien. On fait un monitoring. Les contractions sont irrégulières. On m’installe dans une chambre. Je fais du ballon, je marche et je gère les contractions qui commencent à piquer un peu. Je meurs de faim heureusement j’ai droit à un plateau repas pas trop dégueu.

13h. nouveau monitoring que j’ai le droit de faire sur le ballon. Les contractions sont plus fortes mais toujours irrégulières. Je suis toujours à 2 mais avec un col qui murit. Ça me décourage complètement moi qui imaginait que les contractions auraient un peu plus fait leur œuvre. Je refuse le spasfon, je veux sentir. Après une petite sieste, on file boire un café et marcher un peu à l’air libre. Évidemment c’est ce jour là que plusieurs clients décident de nous appeler ! On me change de chambre pour que je sois en chambre individuelle. Gros ouf, j’avais peur de me coltiner une coloc.

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La nuit tombe et toujours rien. Je n’ai pas arrêté de marcher ou de faire du ballon depuis mon arrivée. J’ai pas très faim. J’ai le moral dans les chaussettes. Les contractions augmentent sérieusement je commence à avoir mal mais ça reste très gérable.

20h. A la relève de service la nouvelle sage femme vient me voir mais refuse de m’examiner à cause du risque d’infection dû à la perte des eaux. On me met sous antibiotique. Je ne décolle plus du ballon.

21h30. Elle repasse j’ai mal et les postures ne m’aident plus trop pour gérer la contraction, on refait un monitoring. C’est une vraie galère de rester allongée sur le lit ; les contractions sont encore plus douloureuses. Mais à son retour ouf les contractions sont régulières, mon col effacé et à 3. Youpi 13h après le « plop » je suis ENFIN en travail. Je décide d’attendre le plus longtemps en bougeant pour faire avancer le travail au maximum. A ce moment je caresse l’idée de me passer de la péridural mais je l’abandonne assez vite.

14 décembre.

Minuit je n’y tiens plus et je commence à sacrément fatiguer. On nous descend en salle de travail. Les filles sont sympas et l’anesthésiste pas loin. On me pose assez vite la péridurale, toujours un peu flippant ce moment. Je fais une belle chute de tension comme à Lisbonne.

La nuit passe entre le boucan du tensiomètre toutes les 3 minutes et les courbes des contractions que je regarde se dessiner. La sage-femme m’aide à être active en me positionnant de manière physiologique sur chaque côté, appuyé sur le ballon… J’ai beaucoup apprécié pouvoir « participer » à mon travail en étant aidé pour bouger malgré la péri. La nuit passe, Chéri essaie de se reposer et moi aussi. Je m’endors vraiment vers 7h.

8h. Alouette est engagée, la position sur le côté gauche permet vraiment d’aider la descente. Ma péri fonctionne du côté droit mais pas du gauche, du coup je sens bien les choses. A ce moment je panique un peu intérieurement, les sensations sont dingues.

8h20. Je sens qu’il est temps j’ai envie de pousser. La nouvelle sage femme arrive (gros drame elle ne me plaît pas du tout : hyper froide et speed alors que celle de la nuit était hyper bienveillante = je suis déstabilisée) et s’installe. Soudain tout est très médicalisé avec les tenues de chirurgien, les étriers… J’aime pas. La phase de poussée est compliquée et longue. On me demande de pousser sans expirer alors que c’est ce qui m’est le plus facile. Avec le recul je regrette de ne pas avoir su m’imposer… Je mettrais presque une heure et demi avant d’avoir Alouette dans les bras. Je n’ai jamais dépensé autant d’énergie, je suis entièrement trempée de sueur et vidée.

Il est 9h57 le 14 décembre 2016, tu es là ma fille et mon cœur explose pour la seconde fois.

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J’ai réussit, je n’ai pas eu peur, j’ai donné tout ce que j’avais pour mettre Alouette au monde. J’ai adoré ce jour, cette aventure de la naissance de ma fille et je me sens plus forte depuis que je l’ai vécu. Les 26 heures avant Alouette, les quelques heures les plus intenses de ma vie.

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1 Comment on 26 heures avant Alouette

  1. Lakila
    17 janvier 2017 à 21 h 11 min (4 mois ago)

    Très émouvant !

    Répondre

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